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Par Jaws
THE VELVET UNDERGROUND & NICO
Mars 1967
Peel slowly and see, The Velvet Underground and Nico. Pour beaucoup ce disque se résume à une pochette (le disque à la banane...) et à un vague souvenir de pub (eh oui maintenant on le ressort pour vendre des téléphones et des assurances...). Pour en revenir au groupe, The Velvet Underground fut le groupe pour lequel Andy Warhol, le pape du pop art, décida d'ouvrir les portes de la célèbre Factory. Le groupe formé de Lou Reed, John Cale, Sterling Morrisson et de Moe Tucker s'y installe et commence l'enregistrement de l'album après avoir accepté d'acceuillir une chanteuse en leur sein. Cette chanteuse se nomme Nico. La blonde est arrivée peu de temps avant le groupe à la Factory, et traîne déjà derrière elle une ribambelle d'histoires. De cet union naît l'album THE VELVET UNDERGROUND & NICO. Enregistré a Los Angeles sous la houlette du producteur Tom Wilson (mais dont Andy Warhol reste producteur nominal), l'album sort enfin en mars 1967.
Difficile au premier abord, ce disque devient vite une obsession. Des chansons qui reviennent nous hanter et nous attirent dans les quartiers les plus glauques d'une ville sombre, violente et décadente.
Le voyage commence avec SUNDAY MORNING qui pourrait être la bande-son idéale pour un dimanche matin au calme. Mais la mélodie envoûtante et le chant ambigu de Lou Reed et Nico s'entremèlent pour nous entraîner sur les chemins de la paranoïa. On s'éclipse ensuite pour Lexington Avenue ou l'on attend avec eux la venue d'un ami. I'M WAITING FOR THE MAN, ou l'attente du dealer. Ces minutes de doutes et de patience qui font parties du jeu, First thing you learn is that you always gotta wait. Minutes récompensées par le plaisir fugace de l'injection et assombries par l'ombre du manque. Arrivent ensuite Nico et sa beauté glaciale. FEMME FATALE. On se laisserait vonlontiers entraîner par cette voix, pas toujours très juste mais tellement envoûtante, si des coeurs hallucinés ne nous ramenaient pas sur Terre et par la même dans les rues de l'enfer. Lou Reed nous entraîne ensuite avec lui dans des arrières salles sombres. VENUS IN FURS et sa mélodie entêtante, composée après avoir lu le livre de Sacher-Masoch...on ne vous fait pas de dessin. Le violon de John Cale tisse des filets d'ou il est impossible de s'échapper. Il nous happe vers le fond et nous laisse à la merci de ces femmes vêtues de cuir. Une chanson Different colours made of tears.
Suit ensuite ALL TOMORROW'S PARTIES, la chanson préférée d'Andy Warhol. Puis arrive HEROIN. Heroin: It's my wife and it's my life. Tout est résumé ici. Cette chanson est définitivement une déclaration d'amour à la reine héroïne. Une longe descente aux enfers qui nous entraîne dans les confins de l'addiction. Lou Reed a réussi à cristaliser le shoot en 7 minutes et 7 secondes. Le bonheur à injecter existe et il le vit ici avec une telle intensité qu'on le croit sur paroles. Lou Reed chante son amour pour la reine blanche et nous entraîne avec lui, plus besoin de tester soi-même, tout est ressenti ici, un shoot à l'état pur. Puis BLACK ANGEL'S DEATH SONG, l'idée de cette chanson était tout simplement d'aligner les mots pour le simple plaisir de la sonorité et non dans le but de donner un sens particulier, dira Lou Reed. A savourer en se vidant la tête de toute question surperflue donc. Juste se laisser entraîner par ce violon entêtant et cette voix étrange. Vient ensuite la dernière chanson de l'album...EUROPEAN SON et son capharnaüm de guitares et de bruitages divers...qui achève comme il se doit ce disque monumental.
Quand on cherche à qualifier cet album, on se bute a quelque chose d'invisible, mais de tellement évident. Il se refuse à etre classé dans une quelconque catégorie ou un quelconque style.
Ce disque est inclassable. Il porte en lui les prémices d'un rock en devenir et influencera nombre de futurs groupes. D'aucuns diront qu'il est punk ou glam, même gothique ou heavy. Et pour cause, il est tout à la fois. Et on ne parle pas ici d'influences, car c'est ce disque qui influencera les autres et pas l'inverse. Il est tout simplement l'essence du rock, crade, urgent, torturé.
Un album à écouter au moins une fois, si ce n'est pour briller en soirée devant les rock-critics-intellos qui croient être les seuls à l'avoir compris.
Posteur : scorfly
Auteur : Jaws