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Agalloch : The Mantle chroniqué par LunaticAurora

Agalloch, 3 ans après le coup de maître de leur 1er album Pale Foklore, sort leur dernier opus à ce jour (hormis quelques EP pas fameux) : The Mantle. Plus atmosphérique encore, plus poussé dans la mise en ambiance glaciale, mais aussi plus complexe, perdant légèrement l'homogénéité de son prédécesseur au profit d'une plus grande variété, cet album mérite quelques écoute avant d'être apprivoisé.
La guitare folk et la mandoline sont encore une fois superbement utilisées et nous font largement préférer les passages acoustiques à ceux plus nerveux. J'aime définitivement ces groupes qui n'hésitent pas à sortir des limites du genre, à prendre dans le metal ce qu'il est bon de prendre (la voix black metal, pas trop aigüe ni criarde, qui s'intège bien dans les instrumentations) et à surprendre l'auditeur dont l'oreille est habituée aux canons du genre.

Le disque débute par une intro acoustique, simple mais qui donne le ton, à laquelle s'ajoute des percussions lourdes, presque guerrières (que l'on retrouve souvent au fil de l'abum d'ailleurs). Quelques samples ajoutent à l'atmosphère si particulière propre à ce groupe. On reconnaît déjà Agalloch par ces queqlues notes.
Vient ensuite le gros morceau de l'album : In The Shadow Of Our Pale Companion. Cette musique est fabuleuse, tellement éthérée et en même temps pleine de désespoir, on plonge à nouveau dans la contemplation des ces paysages glacés qu'aime tant le groupe. Le jeu de guitares est pourtant assez simple mais il dégage quelque chose d'inexplicable, une beauté ennivrante, moi j'appelle ça le génie ^^. Contrairement à Pale Folklore, la voix medium est beaucoup plus utilisée, secondée par une voix soit murmurée, soit grave et à peine audible, tout cela donne un côté très étrange, c'est un pur régal d'écouter ce disque au casque, vous aurez l'impression d'entendre le vent souffler d'une oreille à l'autre. Le travail vocal est magnifique dans la 2ème moitié du morceau.
Vers 6'30, on se croirait dans un Silent Hill, c'est très pesant et glauque vous verrez. Bon j'arrête de spoiler sur ce morceau, il est dantesque c'est tout. Mon péféré avec ...And The Great Cold Death Of The Earth.

J'en viens directement à mon autre piste préférée : la 8. Un morceau mélancolique qui laisse rêveur, impeccablement exécuté, les instruments s'accordent parfaitement entre les guitares électriques et acoustiques, la batterie simple mais efficace, cette sorte de cor lointain et une contrebasse qui rend merveilleusement bien cette ambiance pesante de fin du monde, contrastée par le son cristallin des guitares qui figurent parmi le plus agréable que j'ai écouté. Ahh qu'est-ce que c'est Beau !

Un petit mot sur les paroles, vraiment bien écrites et poétiques, pleines de desespoir et toujours cet ode à la Nature que l'on retrouve dans bon nombre de groupes dit "extrêmes", les mauvaises langues trouveront que ça fait cliché ("Au bûcher!").

Agalloch est un groupe qui reste dans l'ombre, n'a pas encore tourné à ma connaissance, donne peu d'interviews et n'a même pas de site internet. Ils se plaisent à dire qu'ils préfèrent laisser leur musique est leur imagination parler pour eux. Bonne nouvelle, il semblerait que leur 3ème album soit en cours d'écriture !
Agalloch EST l'hiver. Bonne écoute.

Posteur : LunaticAurora