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Accueil » Biographie » Ajouter la biographie de Ankhara » Sombras Del Pasado

Ankhara : Sombras Del Pasado chroniqué par Porphyria

Label: Locomotive music
Année: 2003


Ce groupe de 6 musiciens formidables fait partie de la célèbre "new wave of spanish heavy metal", aux côtés de bons éléments comme Tierra Santa ou Mägo de Oz (signés sur le même label qu'eux d'ailleurs).

Ils en sont actuellement à leur 3eme album, qui comporte comme caractéristique principale l'incorporation du clavier, qui complète subtilement la musique de ces madrilènes, mais dont l'absence sur "Dueño del tiempo" et "Ankhara II" ne créait aucune sensation de manque.

C'est pour cela que nous découvrons avec surprise (et plaisir) que le groupe a réussi non seulement à se surpasser dans ses compositions, mais aussi à incorporer de nouveaux éléments qui montrent dans ce travail une certaine maturité. Ils arrivent à donner des touches de délicatesse au milieu d'un heavy bien puissant. Si quelqu'un doute encore du talent du groupe, qu'il regarde un peu sa renommée: des concerts avec Virgin Steele, Mägo de Oz, Muro, Running Wild ou Edguy. Ou alors, qu'on s'attarde un peu sur la reprise magistrale de "Phantom of the opera".

Mais la simple écoute de quelques titres suffit pour se rendre compte qu'on tient là non seulement des musiciens de grande qualité qui nous démontrent leur art à chaque solo, mais en plus un talent de composition très interessant, qui donne des albums travaillés, qui vont du power-metal au rock progressif. Ils ont réussi à mêler aggressivité, puissance, fraîcheur, délicatesse et mélodie en parfaite harmonie.


L'album commence par une intro calme et envoûtante, "Genesis", doux mélange de clavier et de guitare. Cecilio, six-cordiste, nous montre son talent en faisant pleurer sa guitare, lancinante, pendant que les accords de piano derrière nous transpercent le coeur. D'un coup, on a l'entrée magistrale de "Ruinas del alma". Superbe morceau de plus de 7 minutes, terriblement prenant dès les premières interventions de Victor, claviériste. Un riff accrocheur derrière, le tout bien sombre et intense... la magie de cette chanson rappelle par moments Symphony X, malgré la voix suraigüe du chanteur, Pacho. Son style est proche de celui de Michael Kiske, tant que sa voix se fait parfois presque insupportable. Mais ça n'arrive que rarement. Un superbe solo de clavier au bout de 4:30, suivi de deux solos de guitare, le premier de Cecilio, le second de Antonio. Ce morceau est réellement un chef d'oeuvre, on le redécouvre à chaque écoute, il est parfait! La batterie termine, triomphale, juste avant que le 1er couplet si accrocheur de "acordes magicos" ne résonne puissamment. Ce titre bien speed ne donne pas le temps pour se récupérer de l'émotion du précédent. Décidémment, la chanson porte bien son nom! Un refrain mélodique, accompagné intensément par Jaime, batteur, rend compte d'une efficacité incontestable dans la composition des titres. S'ensuivent deux solos, des deux guitaristes, qui montrent à quel point ils maîtrisent leur instrument. Essayez d'éviter de vous mettre à chanter le refrain! Le 4eme titre, "busca un motivo", commence avec un clavier intense et reste dans la ligne speed des précédents. Pacho, le chanteur, entonne les paroles d'une voix aggressive, contrastant avec le clavier délicat derrière. Le solo lancinant du magnifique Cecilio.
Puis vient "el eco de tu silencio", où Pacho, après une intro magique, nous déchire l'âme de sa voix bien aggressive qui chante des paroles si tristes... la douleur de la perte d'un être cher, ici, en toute sa splendeur. Douleur qui se ressent même dans le triple solo guitare/clavier/guitare. Ensuite, tout doucement, envoûtantes, les sonorités agyptiennes de "Las lagrimas del Nilo" décorent notre vue de sable et de dunes... des percussions bien marquées, un clavier délicat et magique, on se laisse emporter par les images qu'apportent ces musiciens.... d'un coup, l'intro prend fin pour laisser place à un riff accrocheur et tout aussi speed que les premières chansons. Pacho chante avec Cecilio, et le duo est réellement impressionant! les deux voix se mêlent l'une à l'autre comme le clavier se mêle à la guitare... les changements de rythme donnent tant de force à la chanson! Et que dire des solos merveilleux du clavier et de la six-cordes! "Un dia en la imaginacion": un début au clavier qui rappelle "busca un motivo", la voix douce puis aigüe de Pacho; le theme de la chanson est la confrontation rêve/réalité, et l'exaltation du premier, de l'imagination (tout comme chez Mägo de Oz.... c'est pas pour rien que les 2 groupes sont si intimes!). On a ensuite droit à quelques secondes magiques où les zicos nous montrent encore une fois leur talent: le duet Cecilio/Victor, puis les deux solos de notre cher guitariste aux cheveux longs et de son ami Antonio... Le début accoustique de "Principio y fin" dépose doucement une touche de nostalgie et de tristesse sur nos coeurs. Rejoint par le clavier, la guitare accoustique est tellement jolie! Le thème est le retour en arrière, à l'endroit où Pacho (oui, c'est lui le lyrics writer) a vécu son enfance, les souvenirs... Un sublime solo de Cecilio, toujours accoustique, nous fait rêver complètement... Pour ne pas casser l'ambiance, le début lent et poignant à la guitare électrique de "Mirame" s'ensuit. Mais une fois l'intro finie, le premier couplet explose, rapide, comme ça arrive si souvent chez Ankhara. Le refrain à deux voix est réellement magnifique! avec le merveilles "como el viento al albaaaaa" qu'on ne se lasse pas de chanter! Puis le superbe (meilleur?) solo de l'ami Cecilio... "El mundo no es suficiente". Le groupe reprend le titre du fameux film de James Bond pour intituler ce morceau intense, avec une présence du clavier interessante, une jolie ligne de basse, et rien de spécial .
Appart le solo de Alberto Cereijo ( un invité qui est venu jouer sur l'album...). Solo très digne d'interêt d'ailleurs. Ah enfin!! morceau épique et éponyme: "sombras del pasado". Des choeurs magistraux au début, accompagnés par la guitare accoustique puis clavier. Lent, calme, mais intense, cette jolie intro nous emporte doucement vers un autre monde. Puis explose le 1er couplet, murmuré plus que chanté, par Pacho. Le clavier crée une tension sublime, et les guitares nous font encore penser à du Symphony X en toute sa grandeur, bien sombres et puissantes, contrastant avec la voix maintenant aigüe du chanteur. Le chant est si expressif! si plein d'émotion!! Déjà, plus de 4 minutes sont passées sans qu'on s'en soit rendu compte. Viennent ensuite 3 solos. Cecilio, Antonio, Victor. Guitares, clavier. Si je vous dit que Cecilio est certainement un des meilleurs six-cordistes espagnols, c'est pas pour rien. Puis changement total, on revient à l'atmosphère calme du début et au murmure intense. La basse si jolie, l'ambiance si propice au rêve... et le clavier qui reprend le theme ensuite! les choeurs qui reccommencent, et encore le refrain... et hop! vlà un autre solo!! on va pas s'en plaindre, vu le smerveilles que Cecilio fait avec ses doigts... Mais déjà, le son baisse, on sent la fin... on aurait voulu qu'ils ne s'arrêtent jamais de jouer... Le clavier du début de "mantente firme" nous arrache à notre langueur douce et nous entraîne dans une chanson géniale, un refrain bien accrocheur. morceau court, à peine 3:28, mais complet, avec un joli solo et tout, que demander de plus pour finir un si merveilleux album??


Bref, pour conclure, je peux dire qu'on tien là un des petits joyaux du heavy espagnol. Ce 3eme album nous laisse prévoir un avenir plus que brillant pour ce groupe avec un énorme potentiel, qui nous surprend à chaque fois, en se surpassant alors qu'on ne le croyait pas possible. Comme quoi, on a encore la preuve que le metal espagnol est largement au-dessus de tout autre.

Posteur : scorfly
Auteur : Porphyria