Accueil » Biographie » Ajouter la biographie de Chaostar » The Scarlet Queen
Année : 2004
Il y a des albums qui, imperceptiblement, ont le pouvoir de vous subjuguer, d'imposer le silence, le respect et une fascination sans faille à l'auditeur... The Scarlet Queen fait partie de ces albums.
N'ayez pas peur de cette pochette pour le moins malsaine entre sourire hystérique, masque de mort et regard d'espoir tourné vers le ciel. Approchez donc...
Chaostar, chez Holy Records, est composé de membres de Septic Flesh, ce dernier ayant voulu séparer le côté extrême du côté classique de son groupe. S'est jointe à ce projet une certaine Natalie Rassoulis, dont la voix vous fera défaillir à coup sûr.
En quelques 50 minutes, Chaostar réussi un coup de maestria en alliant la grâce et toute la superbe d'un Opéra de haute volée et le malaise, le tourment, par des ambiances et des sonorités hyper travaillées entre des rythmes "tribaux", des chants orientaux et une touche d'électro.
L'histoire de The Scarlet Queen semble être celle d'un(e) vampire. Eh oui, le dark fait vendre, mais qu'importe, partez à l'écoute de cet album sans idée préconçue, il est déjà bien assez déboussolant et nécessite de nombreuses écoutes.
En effet il arrive d'être un peu "perdu" parmi cette foule d'éléments, de samples, même de dissonances par moments qui ajoutent à l'atmosphère ô combien dramatique. Chaostar nous a fait là un album riche, secret, intime que l'on se doit d'écouter dans le silence le plus complet, toutes lumières éteintes afin de faire corps avec la musique. Je conseille d'ailleurs très fortement d'écouter avec un casque, sinon vous perdez 30% de l'ambiance (à moins de devoir jouer avec le volume assez souvent, mais c'est plutôt pénible).
La qualification la plus adéquate pour cet album serait selon moi de l'opéra gothique expérimental. Je pourrais même rajouter "opéra hollywoodien" tellement ils sont riches et grandioses. En fait ce cd pourrait très bien faire la BO d'un film monumental, une grande fresque ou autre bataille titanesque.
Dès le début de l'album on est immédiatement mis dans le bain avec Birth Of A Vampire - Lullaby, dont les choeurs tonnent le désormais célèbre "Dies Irae, Dies Illa...". 1min22 histoire de se préparer à la suite.
Quelle richesse dans la 2ème piste éponyme : The Scarlet Queen, qui débute par des pleurs discrets et un écho à chacun de ses sursauts... vraiment bouleversant. On entre ensuite dans un tourbillon de sonorités tribales, de rythmes et d'instruments venus d'ailleurs, sans parler de cette fin, cette montée en puissance ! Quel instant magique. On retrouve d'ailleurs ce choeur à la dernière piste, dans le bouquet final. Impossible de ne pas être marqué à jamais... Tout simplement superbe.
The Crimson Order poursuit dans la puissance à grand refort de violons et autre contrebasses qui, en plus de ces choeurs grandioses et de la voix triste et grave de Nathalie Rassoulis rendent cette piste incontournable.
Tout au long de l'album on retrouve le schéma de phases presques silencieuses et de montées en puissance comme toute oeuvre de Grande musique classique.
Embrace est peut-être la piste la plus poignante et dérangeante. C'est indescriptible... tous les éléments sont réunis pour nous mettre mal à l'aise : ces tambours de guerre, ce violon d'une mélancolie exacerbée, cette voix tremblante et celle inquiétante d'une petite fille; avec un final encore somptueux, où les choeurs sont encore une fois d'une beauté sans égal. On ne sort pas indemne d'une piste pareille, croyez-moi.
Pas de repos à la piste suivante I Am...The Assassin Of Gods, loin de là ! Il reprend les choeurs de la 1ère piste et la superbe voix féminine chante avec majesté une histoire dont l'aboutissement semble bien cruel. Comme un appel de guerre. Une lutte céleste. Rien qui ne nous concerne, simples mortels. L'instrumentation est chaotique, créant une tension bien palpable avec une mélodie à la hauteur de la majesté du chant.
The Soul Of The Depths met à l'honneur un chant vacillant et "dérangé" sur une mélodie magnifique, digne des plus grands péplums. Cette piste me fait penser énormément à la musique de Danny Elfman, on se croirait vraiment dans un film de Tim Burton ! Vers la fin les cordes nous transpercent tant cette musique est triste et belle...
Piste suivante : Vampire Renegades. Vous ne pourrez pas résister à ce chant oriental qui rappelle l'Egypte, berceau des vampires. Plus tard des chants masculins et féminins en arrière plan ajoutés à ce tambour encore ici guerrier n'ont rien à envier aux grands opéras classiques... Magnifique.
Au risque de me répéter, The Pleasure Dome est elle aussi magnifique, tout en retenue, en chuchottements, en soupirs. Impossible de décrire la superbe de ces chants et de cette mélodie au violon... Cette piste me laisse sans voix. Encore ici des choeurs de toute beauté. On retrouve plus loin les même pleurs que précédemment, tandis que la musique baisse peu à peu en intensité et qu'elle se termine par une flûte qui se mêle à cette voix si... éthérée.
The Arab Merchant laisse toute la puissance des instruments à cordes et des choeurs exploser dans un véritable tonerre où le silence n'est que l'introduction à la violence.
On retrouve la voix de petite fille au début de Rex Mundi qui alterne avec le chant lyrique dans une ambiance ici encore, très typée orientale.
Avant dernière piste : Vampire's Illusion où le chant clair et vacillant de Nathalie trouve de quoi s'exprimer en s'appuyant sur une discrète guitare accoustique et bien sûr des violons qui reprennent en canon son chant majestueux. Et le tout finit en ralentissant avec quelques notes au piano, enveloppées de chuchottements avant le final.
Et quel final ! When Death Dies reprend comme je l'ai dit plus haut les choeurs de The Scarlet Queen, ces choeurs si marquants et où on était resté bien sur notre faim précédemment, puisque intervenus une seule fois au complet. Ici vous aurez enfin de quoi apprécier toute la force, la montée en puissance qui se dégage de ce qui fait certainement LE thème de cet album. Absolument grandiose.
J'en ai terminé, c'est à vous de continuer la route désomais, si le coeur vous en dit. The Scarlet Queen peut se targuer d'arriver directement parmi mes cds favoris. C'est comme si la Beauté s'était glissée à chaque recoin, à chaque détour de cette musique, tantôt maléfique, plaintive ou héroïque.
Chaostar, telle une muse aux mille visages à laquelle il est impossible de ne pas succomber...
Posteur : scorfly
Auteur : LunaticAurora