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Année : 2004
Sans laisser planer aucun suspense, je dirai d’emblée que ce Back To Times Of Splendor est, aux côtés de Mabool de Orphaned Land, le meilleur album metal de cette année. Pourquoi ? Je vais tenter de l’expliquer.
Disillusion est un groupe allemand formé en 2001qui compte 3 membres :
Vurtox : au chant, à la guitare et à la basse (en studio bien sûr)
Jens Maluschka : à la batterie
Rajk Barthel : à la guitare
1er album du groupe, ce Back To Times Of Splendor frappe fort, très fort ! Le genre de baffe qui fait d’autant plus mal qu’on ne s’y attendait pas.
Alors pour cadrer un minimum cet album d’une extrême richesse, imaginez-vous un subtil croisement entre le death progressif d’Opeth, la voix de Mikael Akerfeldt (Opeth) et de Daniel Gildenlöw (Pain Of Salvation), les riffs saignants d’un Soilwork ou d’un In Flames et la virtuosité de Dream Theater, rien que ça !
Le travail sur les guitares est impressionnant d’ingéniosité et de maîtrise qui font limite de l’ombre au chant tant les lignes sont mélodiques et puissantes. A la fois énormément complexes et très accrocheuses, les compos maintiennent l’attention de la première note à la dernière, malgré la durée des titres. Ici, la créativité explose, le progressif prend toute sa mesure, les transitions et autres breaks parsèment l’album sans que l’on s’en rende compte.
L’exemple le plus fragrant est sûrement le morceau éponyme, masterpiece de 15 min qui commence par un violon du plus magnifique effet alors que le précédent morceau faisait la transition par un final au piano. S’ensuit alors le jeu des guitares, puissant, furieux et le chant diablement maîtrisé de Vurtox, entre « half-growls » et chant clair brillant d’émotion. Nul besoin de déchiffrer les paroles pour comprendre que nous voyageons dans une contrée en proie aux passions, aux déchirements et aux complaintes désespérées. Et au milieu de ce monolithe, un break survient vers les 7min où la basse occupe le champ, accompagnée des cymbales plus quelques samples électroniques. Ce passage acoustique à voix claire est vraiment plein d’émotion. Ensuite la furie reprend peu à peu ses droits dans un tonnerre jusqu’à une fin hypnotique, tribale... extraordinaire.
Pour se rendre compte du travail sur le chant, je vous invite à écouter Fall, absolument bluffant et spécialement au début, lorsqu’il entame le « Again and again this wound » avec une accentuation subtilement ~grognée (ce qui est souligné) qui alterne sans heurts avec une voix medium sur chaque syllabe... c’est très impressionnant ! Cette chanson est un bon exemple des capacités vocales de Vurtox.
The Sleep Of Restless Hours est la piste la plus longue de l’album : plus de 17min. Tout commence par une guitare acoustique très cristalline appuyée encore ici par le jeu de cymbales et versant ensuite dans l’électrique. Les riffs sont énormes, c’est de la grosse machinerie mais qui reste très subtile et originale, quant au chant il est lourd et puissant, alternant ici encore avec une voix claire plus plaintive que jamais. On a encore droit à un break atmosphérique vers les 7min qui arrive sans rupture, tout s’enchaînant logiquement, telle une rivière qui dévale une pente tantôt raide et violente, tantôt plane et finissant dans une violente descente qui laisse littéralement l’auditeur bouche bée et contemplatif après l’écoute de ce chef-d’œuvre.
Cet album est, je le répète, d’une richesse rare, explorant une palette de sentiments et de styles avec maestria.
Back To Times Of Splendor est une perle d’inventivité effarante de talent et de beauté.
Un extrait est disponible sur leur site officiel : http://disillusion.de/
Posteur : scorfly
Auteur : LunaticAurora