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D'abord un petit mot sur lui, il est canadien, chanteur et guitariste, touche-à-tout sans aucune limite créatrice si ce n'est son imagination. C'est à 19 ans qu'il est repéré par Steve Vai, ce dernier ayant été bluffé par le bonhomme à la drôle de coiffure (quasiment chauve sur le dessus et de longs cheveux autour) et il le fera participer à son album Sex & Religion. Ensuite Devin poursuit sa route et crée le groupe Strapping Young Lad qui, d'après ce que j'ai lu, donne un nouveau sens au mot puissance, surpassant des compos de death mais avec un sens poussé de la mélodie (si quelqu'un a écouté des albums de SYL tels que City, qu'il me fasse signe) mais parallèlement au groupe, il se réserve du temps pour des projets " solo " tels que Ocean Machine, Infinity, Physicist ou encore Terria.
Terria ça sonne comme un album concept pas vrai ? Eh bien oui, chouette ! (on sait tous que les albums concepts sont les meilleurs ). Terria c'est le grondement de la Terre, le souffle tailladant du vent, les grandes étendues qui inspirent la sérénité, les grandes montagnes pour la montée en puissance (et les montagnes russes, vous verrez !)...
Mais Terria c'est avant tout une musique sauvage tel un fauve, qui ne s'apprivoise pas si facilement, qui déconcerte souvent et qui ravie à chaque écoute une fois amadouée. L'album a une base heavy, des rythmes " catchy " mais une incroyable complexité dans les arrangements, les sonorités (sons de dauphins, voies étranges, longues plages presque entièrement silencieuses). C'est du prog, mais vous aviez compris (bien que certains aillent même jusqu'à le qualifier d'ovni metal !). Lol c'est très difficile de parler de Terria, j'espère que je ne m'y prends pas trop mal.
Ensuite la voix de Devin est... terriblement variée et accrocheuse, Earth Day donne un bon échantillon de ses possibilités vocales : chant medium presque murmuré, moments plus violents, parties typiquement extrêmes (death maladif je dirais), avec en plus les chœurs, cette chanson est énorme. Il en a de la ressource, c'est clair.
Parce que je ne suis pas d'humeur excentrique, c'est parti pour une étude track par track.
La première piste s'intitule Olives, cherchez pas à comprendre. Elle est très bizarre, on dirait un vieux film qui passe, ensuite la voix que l'on entend subit des distorsions et ralenti de plus en plus... Puis viens un frôlement de guitare, et ça commence avec cette voix en demi teinte (elle fait peur je vous jure !), des gazouillis d'oiseaux et le rythme lancinant des cordes. Vers la fin ça commence sérieusement à se mettre en place, la batterie trouve sa place, on a droit à un bourdonnement de plus en plus aigu. Il faut bien préparer l'auditeur à la piste qui va suivre.
Mountain commence sur les chapeaux de roues par un charmant grognement, sans d'autres égards, nous voilà de plein pied dans le ventre de la Terre. Vers 2min, petit solo de basse vite rejointe par sa consoeur qui fait comme un écho, suivent ensuite quelques chœurs tribaux " woo oh woo oh " c'est la danse de la pluie peut-être ! Cette piste dérangeante mais très accrocheuse se termine par... des paroles chinoises fredonnées. Etrange, certes.
Vous voulez du plus concert, du direct, vous voulez headbanguer ? Alors il vous faut Earth Day ! (ce stage chez M6 Boutique m'a bien servi)
Plus facile d'accès, terriblement heavy et qui ne vous sort plus de la tête, pour aimer ce disque et se faire happer il faut commencer par celle-là. Comment ne pas aimer cette batterie enivrante, la voix de Devin aux acents Hetfieldiens (me trompe peut-être mais sur le coup ça m'a fait penser à lui ^^), cette puissance par la suite alernant les growls et chœurs plus aériens ! Non vraiment, c'est pas possible de ne pas tomber amoureux de Earth Day.
So just shut your face and take a seat
Because after all, you're just talking meat...and music?
Well, it's just entertainment folks.
A peine remis de cette claque auditive, on continue avec le morceau qui m'a fait aimer Terria : Deep Peace. Il commence très calmement, une guitare acoustique et le chant des dauphins auxquels vient se poser la voix de Devin, plus douce et sensuelle que jamais et à 2min50 commence un solo absolument sublime, surtout vers la fin, un des plus beaux qu'il m'est été donné d'entendre, il est frissonnant, sans parler de cette envolée à la fin...
On enchaîne avec Canada, une excellente piste là aussi. Toujours une pointe de folie qu'on retrouve par bribes, une frénésie incisive. A la fin encore des paroles étranges sorties tout droit des infos, en français cette fois : " au court d'un débat à l'assemblée nationale, le premier ministre s'est dit désolé que des jeunes s'opposent... etc." vraiment bizarres ces fins de pistes, si quelqu'un sait si ça a un sens qu'il me dise ^^.
Down And Under est une piste instrumentale avec quelques choeurs comme perdus dans la brume, elle est assez courte, rien à voir avec la suivante :
The Fluke, vraiment excellente celle là aussi, variée et à un rythme endiablé, tant est si bien qu'on ne voit pas passer ces 7min13, même malgré ses longs passages instrumentaux. Le mot progressif prend ici tout son sens, ça se bouscule, ça change tout le temps, c'est complètement imprévisible. A la fin un long silence survient, et doucement on entend la pluie tomber, pluie qui prend peu à peu un son metallique.
Et on arrive à une chanson plus calme : Nobody's Here. On se sent comme envahi, comme tout en haut d'une falaise à admirer l'océan à perte de vue, pensif. Avec ce clavier qui nous mime le reflux incessant des vagues et la voix de Devin qui de fait plus dure, comme l'écume s'écrasant contre le rivage et volant en éclats.
Il reste encore 2 pistes sur cet album sachant que Tiny Tears est une très belle ballade et que Stagnant clôt avec une note épique ce fantastique album qu'est Terria, plus une bonus track où notre bonhomme semble bien s'amuser mais... je m'en tiendrai là, sinon c'est pas drôle ^^
Posteur : scorfly