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scorfly
Titre :Everything you have ever wanted to know about silence
Par Drosofist
(2000/Roadrunner)
Glassjaw... Ce groupe américain s' est formé en 1993 autour de Daryl Palumbo, chanteur compositeur atteint du très rare syndrome de Crown et Justin Beck, guitariste. S' y ajoutent Manuel Carrero le bassiste, Lary Goreman, batteur et Todd Weinstock, second guitariste. C' est sur le tard qu' ils sont découverts, vu que ce "EYAEWTKAS" n' est sorti qu' en 2000. Bon alors plongeons nous dans cet album... Non avant toute chose, ne laissons planer aucun suspense, il est monstrueux, de la trempe des albums qui bouleversent le rock. Vous trouvez ça super osé peut être, et le groupe est resté au simple succès d' estime mais cet album est vraiment au dessus de tout qualificatif! le groupe joue dans... ben dans quoi au fait? ça ressemble à du harcore, ça lorgne un peu vers le métal, mais aussi vers le punk... la sensibilité y est pop, il y a un groove qui est tiré d' on ne c' est où. C' est un immense foutoir qui se complète à merveille. Le terme Post-harcore est souvent employé, ou aussi hardcore progressif, voir émo, enfin comme vous voulez!
1 Pretty Lush: Pendant 10 secondes à la première écoute, on comprend pas ce qu' il se passe. Il en faut 20 pour dire que ce groupe est génial...
Dès le début, ça sonne comme un hardcore énervé et très creatif au niveau rythmique et dynamique. Les riffs eux, sont plus influencés par le métal... Apres ce dechainement de talent, cassure rythmique et on rentre dans une pop sucrée pour amorcer un refrain imparable et mélodique. Le reste de la chanson continue entre un bourrinage calculé, qui frappe là où on l' attend pas, affreusement technique et violent et d' incroyables passages mélodiques. Impécable!
2 Siberian Kiss: Même shéma que la précendente, mais en encore mieux! Surement la chanson culte du groupe. Ici c' est la voix de Daryl qui prend de la valeur. Il est immense sur le couplet "bourrin": il a un phrasé unique et traumatisant, sur le refrain il eclaircie sa voix pour mieux sublimer la mélodie. L' outro se veut originale et séduisante: le pre-refrain calme qui se couvre de riffs de plus en plus lourds jusqu' à une sortie électronique. Inimitable!
3 When One Eight Becomes Two Zeros: Pour cette chanson, le climat est plus posé, mais beaucoup plus sombre et oppréssant aussi. La ligne de basse pour debuter (qui ressemble d' ailleurs très fortment à celle d' une chanson du dernier Massive Attack, à croire que ceux-ci ont... non j' ai rien dit!) est glauque à souhait. C' est peut être le moment de féliciter ce Manuel Carrero qui est un bassiste à tomber, très presant, et polyvalent au possible. Apres cette basse vient un petit brouhaha sonore d' où sort difficilement une lointaine mélodie de Daryl. Le couplet est plus banal malgré des arrengements quelque peu mysterieux. Le refrain est est très torturé mais sans aucune violence, mélodie complexe qui repousserait presque. Toute cette ambiance pesante éclate dans ce break pour le moins inatendu: émo-punk très joyeux et quasi orgasmique. La fin est une lente descente vers le silence avec daryl qui fait une complainte plus qu' il ne chante. Pas la chanson la plus accrocheuse, mais qui montre toute la varieté du groupe...
4 Ry Ry's Song: Chanson contradictoire de la precedente que cette "Ry Ry's song". Joyeuse, entraînante, aux mélodies implacables mais pas banales. Grosse claque que cette chanson, encore une tiens. La batterie est incroyable: maitrisée, elle sait accelerer juste au moment où il faut pour donner dynamique parfaite à ce titre. Talent et technique au profit d' un type de chanson qui est trop souvent l' oeuvre de groupes médiocres, voir mauvais...
5 Lovebites and razorlines: Celle-ci reprend le même shéma que les 2 titres d' ouverture, mais en encore plus marqué. En effet, les parties harcores vous mettent sur les rotules. Car là c' est un bordel sans nom serons nous tenter de dire. Daryl s 'égosille avec une violence communicative, tout y est déstructuré et jamais entendu. Et de ce "bruit" sortent des mélodies à couplet le souffle, un refrain au lyrisme pur avec des coeurs bien sentis. On a envie de tout ecraser, de sauter partout, et à la demi-seconde qui suit de pleurer dans son coin. Aucune chanson ne represente mieux le groupe: derangeante et bouleversante.
6 Hurting And Shoving (She Should Have Let Me Sleep): Chanson dur... pas un soupçon de mélodie, et une haine rendiquée. Ici par contre pas de frénésie, tout est maitrisé, ne rentrant pas dans la violence gratuite. Très dur cette chanson, mais elle est reste aérée et pas très rapide. Encore aucun reproche à faire à ce titre, le phrasé de Daryl est encore une fois parfait. Alors qu' on pouvait s' attendre à un morceau limite grindcore, on est encore pris à contre-pied avec une "révolte réfléchie".
7 Majour: Oh un tube! Comme par hasard.... Pure chanson émo que ce Majour. Mais pas l' émo basique et pré-maché qu' on connait trop, un émo plein de vie: les guitares sont merveilleuses du début à la fin, le sens mélodique de Daryl fait encore des merveilles. Pas la chanson de l' année mais une chanson qui avec talent fait retomber la préssion après un hurting et Shoving âpre.
8 Her middle name was boom: la ballade de l' album. Enfin ballade, façon de parler, elle est tout sauf molle et un passage bourrin à la fin remet bien en place. Une chanson plus que superbe de cet intro très calme à une fin qui l' est tout autant, le genre de chanson qui donne envie de declarer sa flamme à sa bien aimer, qui en donne la force. Les larmes peuvent couler à flot... Bon, vous l' aurez compris, cette chanson je m' en remets pas!
9 Piano: une chanson d' une durée banale, pas vraiment la chanson qui peut réunir tout le monde ou qui provoque une sensation forte, mais une chanson qu' il est impossible de décrire simplement. On est surpris du début à la fin, la chanson ne part jamais ou on l' attend. A partir du deuxième refrain, c' est peut être la meilleure fin de chanson que je connaisse, de cette basse exquise à ce solo qui surprend tout comme des "houhou" et un final hurlé fantastique. Pas violente pour un sou, Piano n' est pas plus une ballade, mais elle fait exploser un talent complètement fou, une mélancolie quand même présente. Une chanson parfaite...
10 Babe: Trois chansons calmes à la suite, ça pouvait pas durer... Et ben voilà, une minute trente de hardcore brut, inspiré, avec des musiciens au top. C' est rapide, très supportable pour quiconque même si tout est hurlé. Je vais me repeter mais encore un must!
11 Everything You Ever Wanted To Know About Silence: Quel titre! Couplet calme avec une basse surprenante, pré-refrain violent et émotionnel, refrain à pleurer de beauté, break interessant et péchu, final hurlé qui donne presque l' impression que Daryl pleure en même temps... Cette chanson est surement pas la plus originale, mais niveau efficacité, on peut difficilement faire mieux.
12 Motel Of The White Locust: Dernière chanson (enfin pas tout à fait, mais faites comme si!) et du hardcore-métal qui tache. Elle alterne entre hurlements à la mort et mélodies vicieuses et froides dans un embellage métallisant très bon. S' il vous restait des émotions des chanson passées, celle-ci vous les enlève invariablement jusqu' à vous casser sur un final destructeur. Voilà pour l' effet de la chanson. On peut croire que de ce fait ce n' est pas une bonne chanson... Tout faux, c' est une merveille, une tuerie, ce mal qui fait du bien sans savoir comment.
Surprise!!!!! Après un Motel of the white locust très dérangeant, un demi-silence s' installe et nous fait croire qu' il y a autre chose. On se trompe pas... Ballade au piano!!! Oui, une ballade sans grande ambition, mais ou le talent de compsiteur comme de chanteur de daryl palumbo est montré sous un autre angle. C' est très touchant, vraiment et une fin tout en douceur et en sensibilité qui vient cloturer de la meilleure façon qui soit un album génial.
Je n' ai pas manqué de superlatifs au cours de cette chronique titre par titre. Il serait facile de croire que je suis un fan basique qui croit que tout ce que fait seon groupe est parfait, mais ce n' est pas la cas... Autant le second album du groupe Worhip and tribute recelera de defauts autant celui là est objectivement immense. Cet album est iréprochable... ça ne veut pas dire que tout le monde aimera, surtout pas: les passages violents sont tout sauf mesurés et peuvent choquer, la voix de Daryl palumbo est incontrable ce qui fait à la foix sa force et sa faiblesse. Il peut énerver comme peut séduire completemnt la même personne au sein d' une même chanson. Les paroles quand à elles peuvent être mal interpretés... On peut facilement parler de misoginie alors qu' il parle simplement de la cruauté et de la douleur des relations amoureuses et étant un homme ça parle forcement de femmes... Bon, sorti de ça, je vois pas ce qu' on peut reprocher à cet album! D' une varieté infinie, d' une complexité affolante pour le genre, avec des musiciens tous géniaux dans leur style, un chanteur au charisme fou, cet album est une ballade agitée aux pays des sentiments et des émotions: colère, folie, joie, romantisme, fun, tout y est. Un album à absolument posseder, ne pas le connaître et vous passez peut être à côté d' un des plus grands albums de rock du monde, et encore une fois, j' essais de rester mesuré...
Posteur : scorfly