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Rag
Sortie le 8 Octobre dernier, « La tribu bouffe du Gotainer » est, comme la plupart des petites prod’ : passée inaperçue.
Même débarqué dans nos locaux, le cd, qui regroupe une vingtaine d’artistes reprenant les tubes du loufoque Richard Gotainer, a eu beaucoup de mal à squatter la stéréo, boudé par la plupart des chroniqueurs (bon OK, surtout moi) qui préféraient s’attarder sur des groupes dont le nom augurait de biens meilleurs choses. (Préjugé quand tu nous tiens).
Préjugé il y a quand on se rappelle aux bons souvenirs de Richard Gotainer, ce type farfelu, toujours sourire aux lèvres, portant lunettes façon cul-de-bouteille et autres paires de bretelles, qui pouvait sortir des mots comme Décalcomanie, Nouba, Java, Youki, dans ses compos faisant danser nos vieux dans les 80’s…Bref le genre de truc que l’on vous ressert à chaque anniversaire de la tante Berthe.
Dopé par la volonté, une force incroyable, et surtout, sortie d’ailleurs (conscience professionnelle?), je dépoussière l’engin, insère, finalement, le disque dans la machine, et : dents grinçantes, œil droit semi-ouvert, nez plissé jusqu’au front, passe l’indexe sur la touche lecture. (Pas évidente la grimace hein ?!)
Beauté Vulgaires allume la mèche avec « Primitif », chatouillant généreusement mes oreilles, sur un p’ti rythme ska emmené par des cuivres omniprésents.
Le ton est donné : A l’écoute de cet opus, on va prendre une claque !
Pour les paroles, on est d’accord, on est bien dans du Gotainer : c’est souvent léger, parfois drôle mais toujours juste.
Pour les instrus en revanche, on nous embarque dans un autre monde, radicalement différent de ce que fait Gotainer : Pour chaque titre, c’est une découverte.
Le plus grand fan de Gotainer ne s’y retrouverait pas tant l’appropriation des morceaux par les artistes qui composent cet album est impressionnante.
Vous ne trouverez, ainsi, aucune redondance, aucune similitude lors de vos écoutes (et oui je m’accorde un pluriel, c’est vraiment bon !)
Les styles qui se côtoieront de près sont donc très variés : on a commencé avec du Ska, on aura le droit au punk (Happy Kolo « La Java Rock » ; Bacchus Temple Addicts « Le Youki ») parfois survolté, tendance Hardcore (Leptik Ficus « Tueur de Frigo »), de l’électro (La Ballade de l’obsédé), du bon vieux rock (Les Frères Couenne « Marilyn et Marylou ») et des songs plus posées (L’Homme En Bleu « La photo qui jaunit» Suprêmes Dindes « Halleluya ») pour mettre la touche pop qui, jusqu’alors, faisait défaut.
Si il y a bien une chose à retenir de cette galette, c’est qu’il ne faut pas se fier à une impression, qu’il faut, même, aller au-delà des préjugés (Maman m’avait pourtant prévenu !) car cet hommage à Richard Gotainer est vraiment bien ficelé tant pour le fan des premières heures, qui sera, à n’en pas douter, TRES surpris par ces reprises, que pour le néophyte qui se laissera guider par ce festival des genres illustrés par les guitares, trompettes, djembés et autres instrus non identifiés qui se succèdent tout au long de l’album.
Posteur : Loïc
Auteur : Rag