Accueil » Biographie » Ajouter la biographie de Mercury Rev » The Secret Migration
View : 177

Droso
Ce disque était tellement attendu... Pour rappel, les deux derniers albums de Mercury Rev sont perçus par beaucoup comme deux testaments de ce que l'on pourrait appeler le rock symphonique. Deserter's song a enthousiasmé la majorité de la presse qui l'a consacré parmi les albums qui ont le plus marqué le rock dans les années 90. All Is Dream était moins ambitieux, moins grandiloquant mais a offert au public un album de pop parfait, entre ballades cosmiques et comptines extraterrestres. C'est donc avec beaucoup d'impatience qu'était attendu cet album. On ne peut pas nier que The Secret Migration est loin d'avoir la qualité et la portée de ses deux prédécesseurs.
Définitivement pop, il est très homogène. Sur The Deserter's song, le groupe se réinventait à chaque morceau. Ici, tout est plat et uniforme. C'est bien entendu un défaut, mais pas ci rédhibitoire que cela. L'ambiance ne s'en fait que mieux transmise. La formule ici va au plus simple: beaucoup moins d'arrangements symphoniques, juste des chansons pop courtes et ultra produites. Certains jusqu'ici pourraient se dire "un groupe inutile. Un de plus". Mais Mercury rev ne sera jamais un groupe comme les autres, et même dans ses dispositions les simplifiées, le groupe se fait reconnaître en quelques secondes: toujours cette voix enfantine de Donahue, toujours ces mélodies qu'on a jamais entendu autre part mais qui nous plaisent, toujours ces ambiances ultra éthérées mêlée avec une douce naïveté, toujours ces soubresauts psychédéliques.
Car si The Secret Migration n'a pas la grandeur espérée, il reste bien au dessus des productions pop actuelles et s'impose comme un des disques de l'année à posséder. Toutes les chansons se laissent découvrir au fil des écoutes. On finit par comprendre où le groupe veut en venir: il y a ici l'essence du groupe, délaissée de toute ambition artistique démesurée. Et ce cœur du groupe est si beau. Combien de groupes peuvent faire sourire en faisant une musique mélancolique? Combien de groupes peuvent en plus faire pleurer sur une musique niaise et guillerette? Dans les deux cas très peu, et Mercury rev associe les deux. L'ambiguïté est poussée au maximum tant les limites entre joie et tristesse, entre naïveté et gravité sont floues. En écoutant The secret migration, on est transporté dans le monde de ce groupe tellement à part, et dans ce monde on se dit que la vie est belle.
Posteur : Loïc
Auteur : Droso