Intro :
Suite à une chronique récemment parue dans nos pages concernant le premier album de Devianz una duna in mezzo all'oceano, Guyom le chanteur et Benoît le guitariste sont devant leur écran répondant aux questions de Loïc.
La création
Loïc : Pour commencer, comment le groupe s'est-il formé ?
B : le groupe s'est formé le 15 septembre 2004.
Max, Emmanuel et moi jouions ensemble dans un groupe et par l'intermédiaire d'amis communs, on a rencontré Guyom qui voulait monter un groupe de rock, on a discuté du projet ensemble, il nous a fait écouter ses idées et on a tout de suite voulu s'y mettre car ça nous a vraiment botté.
L : Comment le projet Devianz a été mis en œuvre, qui a commencé à écrire ?
G : Benoît avait déjà des idées qu'il ne savait pas comment exploiter dans son ancien groupe, il avait accumulé pas mal de riffs intéressants et de mon côté, j'avais des titres déjà un peu avancés, comme "épistophane", par exemple. je pense qu'on ressent pas mal la différence entre les riffs que benoît amène et ceux que j'écris, les siens sont plus lourds, il y a son côté "fils du métal" qui ressort en quelque sorte dans ses compos, mais ça reste résolument du rock, en plus lourd. mes idées sont souvent plus légères, plus nerveuses aussi. au final, vu que les titres sont tous retravaillés par tous les membres du groupe, le tout est homogène.
L : Donc en fait, chacun apporte son idée puis tout le monde bosse dessus ?
G : exactement.
B : globalement oui.
Après, il y a toujours des exceptions mais pour résumer, c'est notre principale façon de bosser.
L : Quelles ont été vos plus grandes représentations ?
G : Pour l'instant, l'histoire scénique de Devianz se résume à peu de choses, car nous avons décidé dès le départ, d'enregistrer l'album avant de donner des concerts.
Nous n'avons fait que quatre concerts, dont un acoustique, dans le but de préparer une tournée digne de ce nom.
Avec l'album maintenant prêt, j'espère que nous allons attirer l'attention des programmateurs et flatter l'oreille des auditeurs !
Je pense que les meilleurs souvenirs de concerts sont donc à venir !
D'ailleurs nous allons jouer à la Maroquinerie le 15 janvier 2006 à Paris et nous allons faire en sorte que ce soit une soirée inoubliable, que ce soit pour nous ou pour le public.
B : C'est vrai qu'on n'a pas beaucoup de concerts à notre actif, mais nous sommes tous loin d'être novices en la matière, on en a fait un sacré paquet avec nos anciens groupes et comme je le disais au début, je jouais déjà avec Max et Manu avant de former Devianz, donc on connaît la scène, ça ne sera pas nouveau pour nous et je pense que c'est un plus.
Nous sommes pas mal expérimentés et on va profiter de ça pour donner des concerts encore meilleurs que ce qu'on a pu faire avec nos anciens groupes.
L'Album Una duna in mezzo all'oceano
L : Tout commence par l'intro :
"Après avoir marché durant des jours et des semaines, elle se retourna sur son passé et s'aperçut qu'elle était seule comme une dune au milieu de l'océan…"
Alors déjà qui parle au début ?
B : C'est Stéphane Buriez qui parle au début, on voulait une intro au disque (car, c'est plus une intro à l'album qu'une intro de morceau) et sa voix assez grave et suave nous correspondait totalement.
En quelque sorte, Guyom a écrit ce texte pour lui.
G : C'est sa voix à tomber qui m'a touché au plus profond de mon être ! (rires)
L : Que veulent dire les noms des titres : Odalisque et тринадцать (Trinadtsat) ?
G : Une odalisque est une servante qui s'occupe des femmes d'un harem, ce n'est pas une esclave sexuelle comme ces dernières.
En fait, les titres représentent une couleur, une sonorité qui colle au morceau, ils peuvent avoir une relation directe avec la chanson ou pas du tout, c'est une façon de dire à l'auditeur qu'il faut qu'il écoute réellement cette musique, qu'il soit actif dans l'écoute, ce n'est pas juste un disque banal.
Le titre en russe quant à lui signifie "treize".
Celui qui veut croire que nous sommes superstitieux, qu'il le croie !! mais il se trompe !
B : Pour ma part, les titres donnent une idée des morceaux dans le sens verbal, c'est le côté esthétique du titre que j'aime, on aime certains mots, certaines langues, on n'a pas forcément voulus être logiques, on a juste voulu se faire plaisir en utilisant plein de choses (et là je vois plus large, je ne parle pas que des titres) qui nous tiennent à cœur.
C'est pour ça que l'on retrouve plein de langues différentes sans pour autant que le texte relatif à ce morceau soit dans cette langue, excepté bitter landscape.
L : Votre album est une totale autoproduction ?
G : Oui, ça fait partie de l'idée de départ : avoir une démarche en décalage avec ce qui se fait d'habitude pour au final se démarquer. On a tout pris en charge : la composition, l'enregistrement, le financement, la production et maintenant la promotion. C'est compliqué, le chemin est long, mais ça porte ses fruits et c'est un grand soulagement pour nous de voir cette première étape aboutir.
L : Avez-vous été contactés depuis la sortie de votre album ?
G : En ce qui concerne les labels, nous n'avons pas envie d'aller frapper aux portes de tout le monde, on sait très bien que ce n'est pas en envoyant un cd promo qu'on va nous rappeler pour nous signer.
Donc, on va faire des concerts, promouvoir l'album et on verra si notre travail intéresse quelqu'un.
Ca commence déjà à intéresser du monde, donc on y croit à fond !
B : Enfin, on ne cache pas que si Universal veut nous signer pour qu'on empoche un bon paquet de fric, on est pour... (rires)
G : Du moment qu'on garde notre liberté de penser (sic), tout va bien !
(Guyom, le chanteur, nous quitte)
L : Passer de Eleganz, qui est assez violent, à Bitter landscape / simple de jade, qui est lui assez lent avec un passage à l'orgue fait partie de votre DevianZ attitude ?
B : J'aime beaucoup cette question. Je ne sais pas si on peut parler d'attitude, mais c'est sûr que notre musique reflète nos personnalités. On a tous des côtés plus énervés et des côtés plus sombres, on aime énormément de choses, que ce soit dans la musique qu'on écoute, les films qu'on regarde, bref, tout ce qui nous entoure. Je ne vais pas dire que la bipolarité du monde dans lequel on vit nous influence, mais on fait un compromis de tout ce qu'on aime, toutes nos sources d'énergies, et donc, certains passages se retrouvent naturellement plus violents (que ce soit au niveau émotionnel, qu'au niveau musical) que d'autres. Je pense qu'il y a trop de gens (que ce soit dans la musique ou dans les arts et la vie en général) qui s'enferment et se focalisent sur une seule chose. Si ça leur convient, c'est tant mieux pour eux, mais nous sommes tous d'un naturel curieux, on s'intéresse à beaucoup de choses dans différents domaines et tout ça se retrouve dans la musique de Devianz.
L : Quels sont les goûts et influences de chacun ?
B : Max écoute pas mal de métal que je qualifierai de classique comme Pantera, Metallica, Sepultura, Slayer, et d'autres trucs plus softs comme les Guns, Ac/Dc, Velvet Revolver et aussi pas mal de rock comme Eiffel, Nada Surf, Dredg, que je lui ai fait découvrir récemment. Manu et moi avons été au lycée ensemble, donc on a découvert beaucoup de groupes (surtout) métal ensemble. Il a une culture musicale énorme, beaucoup de classique et d'autres trucs que personne pourrait imaginer un jour écouter, il est très cultivé dans ce domaine. Guyom, c'est essentiellement rock, grunge, trip-hop, mais il découvre d'autres musiques petit à petit. Pour ma part, j'essaie de m'ouvrir le plus à la musique en général. J'écoute vraiment de la musique depuis que j'ai onze ans. Quand j'ai découvert le métal, c'était tellement puissant et ce n'est pas la violence de ce genre de musique qui m'a attiré en premier lieu. Je n'ai écouté que ça jusqu'à mes 19 ans et c'est ensuite que je me suis petit à petit intéressé au reste. Maintenant, je pense écouter énormément de choses de ce qui se fait, quitte à laisser un peu le métal de côté. J'écoute du rock, du post-rock, du trip-hop, du jazz, des musiques de films… le plus important pour moi, est que la musique que j'écoute soit chargée en émotions.
Futurama
L : Quels sont vos objectifs à réaliser ?
B : L'évènement le plus important pour le moment est le concert que l'on fera à la Maroquinerie à Paris le 15 janvier prochain, ça sera une soirée rock avec trois ou quatre groupes qui ont besoin qu'on les soutienne. C'est un peu le concert de sortie d'album pour nous, c'est pour ça, que quand on nous a donné l'opportunité de jouer dans cette salle, on a sauté sur l'occasion.
Si des gens sont intéressés pour venir nous voir, ils peuvent nous contacter (DevianZ@DevianZ.net) et ils verront directement avec nous pour avoir des places.
Pour conclure, pour ceux qui ne nous connaissent pas, des morceaux sont disponibles sur le site : Myspace.com/devianz, ils représentent assez bien les différentes personnalités de Devianz.
L'album n'est pas encore dans les bacs, mais on s'efforce de faire en sorte qu'il le soit courant janvier.
En attendant, si vous voulez vous le procurer, contactez-nous, on sera toujours disponible.
En tout cas, merci à Rockmuzik pour son soutien et à très bientôt j'espère.