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Interview : Hopper

Hopper - 08/10/05

Intro :

C'est à l'occasion d'un concert donné au File7 de Magny Le Hongre (77) que nous avons rencontré les membres d'Hopper, quatuor français composé de Dorothée et Aurélia (Chant, Guitare) ainsi que de Jean (Batterie) et Romain (Basse), avant qu'ils ne prennent la route de Seattle où ils iront enregistrer leur second album. A la perspective d'interviewer un tel groupe (il faut voir ce qu'ils donnent sur scène !), l'appréhension était énorme : sérieux et professionnalisme étaient de rigueur et surtout, surtout…ne pas boire pendant l'show…dur.
Pour une première, il faut le dire, on a eut tout faux…

Hopper File7Le concert :

21 heures, les membres du groupe débarquent sur scène, la salle est à moitié pleine, tout le monde se jauge, le nez dans son gobelet, attendant, amorphe, la tête d'affiche Daisybox… Aurélia invite donc les spectateurs à se rapprocher de la scène, ne serait-ce que pour se réchauffer et en profite pour s'excuser de ne pouvoir chanter. Une atmosphère intimiste s'invite, alors à son tour, plane, et efface le malaise. Après une présentation rapide, le premier accord sonne et met tout le monde d'accord : ça va être géant. Même si le public hésite à se livrer dès les premières notes, le groupe, lui, se déchaîne, à l'image de Dorothée qui en casse une corde, pas vocale hein (bien qu'on se demande comment elle fait pour que ça ne rompe pas à ce niveau là). Le public sait désormais à qui il à affaire, l'ambiance monte donc d'un cran, un pogo se dessine pendant que d'autres se remuent suivant, ainsi, les conseils d'Aurélia. Des morceaux plus " pop " viendront, ensuite, orner un set qui était jusque là très intense, marquant une sorte de pause avant un dernier titre, dans la veine des premiers, qui clôtura la prestation d'Hopper de la meilleure des façons.

Géant, c'est le mot donc, mais trop court en sont deux autres…Les spectateurs doivent pourtant se montrer compréhensifs car Dombrance et Daisybox suivront. On se résigne, alors, à laisser Hopper remballer son matos malgré les interventions, peut-être trop timide, du public qui en voulait certainement plus.

Hopper File7Entretien :

Une fois le concert terminé, Aurélia et Dorothée viennent à notre rencontre et nous proposent d'aller au bar pour l'interview. On les suit sans broncher, plutôt heureux d'aller bosser dans un environnement qui nous est familier. Manquent à l'appel Jean et Romain, tant pis (mieux ? " Jean n'est de toutes manières, pas très bavard ").
Mains tremblantes, voix chevrotante, le visage de Loïc vire à la décomposition quand vient le moment de poser les questions. L'assurance faisant défaut, et la prise de note franchement moyenne ont eus vite fait de nous convaincre d'improviser…

Hopper
Rockmuzik.com : D'où vient le nom du groupe ?

Aurélia : Il y a plusieurs explications…Il faut garder une part de mystère.
Dorothée : À la base on voulait un nom passe-partout et on est tombé sur Hopper presque par hasard. C'est vrai qu'il y a plusieurs origines mais pas de réelles significations : c'est ce qu'on voulait, et en plus ça sonnait bien ! Cela peut venir de l'acteur Dennis Hopper (" Easy Rider ") comme du peintre Edward Hopper…

R : Comment sont arrivés Jean et Romain ?

D : Pour Romain, c'est facile, en fait, c'est le pote d'un pote.
A : Et Jean, …via une petite annonce…
D : En fait, ça a été très dur de trouver un bon batteur, on en a eu beaucoup avant Jean mais ils avaient tous un coté macho qui nous faisait horreur…
A : Ouais ils en faisaient des tonnes pour montrer à quel point ils étaient bons musiciens alors qu'on voulait des choses simples, du coup ça n'aboutissait à rien.
D : Et puis on a été chanceuses avec Jean, d'ailleurs, on nous le dit souvent, on a un bon batteur ! Jean et Romain sont de biens meilleurs musiciens que nous, on a vraiment eu beaucoup de chances.

R : Vous parlez de différents batteurs, Hopper a donc connu une formation différente ?

A : Non, c'était bien avant que le groupe soit formé.

R : Quelles sont vos influences musicales ?

A : Il y en a beaucoup ! On vient tous d'horizons musicaux différents…Jean, lui c'est le jazz, musique du monde….
D : En ce qui concerne celles de Romain, ça passe de Blur et Refused à ses débuts, au label Constellation à M83 au folk etc. Moi, j'étais plutôt Dinosaur Jr, Sebadoh, Deus, PJ Harvey etc. Aujourd'hui j'écoute un tas de trucs différents...
A : Avant de connaître Dorothée j'écoutais beaucoup de chansons françaises, du rock français comme Noir Désir ensuite on m'a fait découvrir Nirvana (Bleach) et à partir de là je me suis mise à écouter pas mal de choses dans le genre. A coté de cela, j'écoute du r'n'b, du hip-hop : je n'ai pas de honte à aimer le dernier Beyoncé, il déchire ! Ou Snoop Dog…

Hopper File7(Jean, le batteur du groupe, se joint à nous)

Lives

R : De la sortie de " Sunbelt " votre premier Ep à " A tea with D " le premier album du groupe, 4 ans ont passés. Vous avez beaucoup tourné, notamment dans le cadre d'un échange avec le Québec, de quoi s'agit-il exactement ?

D : Une tournée, quel quelle soit, coûte très cher, donc hors de l'hexagone, encore plus... On a donc prit contact sur un forum sur Internet avec un groupe Québécois qui proposait ce système " d'échange " : On est pris en charge là-bas pendant un mois, ils nous trouvent des concerts comme ils connaissent le coin et on en fait autant pour eux le mois suivant, en France. Et ensuite on recommence l'année suivante.

R : Le public Québécois vous a t-il bien accueillis ?

D : Oui très bien … c'est un peu pareil qu'ici. Ce qui diffère le plus, c'est qu'ici, tu joues dans la salle, tu prends une conso, tu payes rien alors qu'au Québec c'est pas tout le temps le cas… Quand les membres du groupe, avec qui l'on a fait cet échange, sont venus en France, ils ont été assez surpris par ça.

R : À part le Québec, vous arrivent-ils de jouer à l'étranger ?

A : Non, l'essentiel des concerts se font en France. Le Québec, c'est une exception, on a eu cette opportunité, on l'a saisie.

Hopper File7(Romain, bassiste du groupe, se pose avec nous)

R : Vous êtes donc très présent sur les scènes françaises, vous avez notamment eut la chance de faire partie de la programmation du festival Rock en Seine 2005, que vous apportent ce genres d'expériences ?

D : Et bien ça permet surtout au groupe de grandir, de mûrir en engrangeant de l'expérience. Cela apporte aussi pas mal de confiance et beaucoup de satisfaction, c'est rare de participer à de grande manifestation musicale, il faut en profiter.

Studio & compo

R : Vous nous disiez que vous ne jouiez pratiquement qu'en France, et là, vous vous apprêter à enregistrer votre second album à Seattle (USA). Comment cela est devenu possible ?

D : Alors comment choisir un bon studio?
Avec Aurélia, on a ressortis tous nos albums. Sur les jaquettes il y a le nom du studio qui a servit pour l'enregistrement, on en a garder quelques-uns dont le " Bear creek studio ", où ont été produit des albums de Soundgarden, The Strokes… On y a envoyé une demo et Ryan Hadlock nous a ensuite contacté pour nous dire qu'il voulait produire notre album.

R : Que pouvons nous attendre de ce prochain opus ?

A : Il sera plus métissé, on s'y est tous mis. Chacun de nous a apporté ses influences et son expérience.

R : Vous vous chargez donc tous des compo ?

A : Pour la musique, c'est vrai, mais les paroles, c'est Dorothée et moi qui nous en chargeons. Mais d'une certaine manière, l'apport de Jean à la batterie, et de Romain, à la basse, contribue aussi aux textes puisqu'on est forcément influencé par la musique avant d'écrire.

R : Quels sont les thèmes qui vous sont chers ? Vos compositions forment-elles un " tout " dans l'album ?

A : Il n'y en a pas de particuliers, on ne veut pas que ce soit trop personnel, on veut que tout le monde puisse s'identifier à l'écoute de nos chansons. On évoque donc souvent des choses de tous les jours.
D : Il y a un lien entre les chansons sans vraiment y en avoir. On pourrait comparer cela au cinéma, quand Woody Allen met en scène de petites histoires qu'on pourrait liées mais qui n'ont pas vraiment d'incidence (" Harry dans tous ses états ").

R : Et pourquoi passer par l'anglais ?

A : L'anglais permet de dépasser le sens strict d'une chanson : quand un texte est en français tu écoutes les paroles et tu les prend comme elles viennent, tu ne peux pas aller au-delà. L'anglais permet de dépasser cela. Moi par exemple, plus jeune, je ne comprenais pas forcément les textes. La musique et la voix qui l'accompagnait, me permettaient d'avoir une perception différente de son auteur, plus personnel. Chacun doit pouvoir ressentir ses propres émotions à l'écoute de notre musique sans qu'elles soient suggérées par un texte. Je ne veux pas minimiser l'importance des paroles en disant cela. Quelqu'un qui va prendre le temps de comprendre les paroles d'une chanson peut ainsi s'en faire une autre idée, parfois il sera à l'opposé de ce qu'il éprouvait donnant, ainsi, une autre dimension au morceau.

Conclusion

Voila ! Fini pour cette soirée passée en charmante compagnie. On aurait aimé une session acoustique, mais on allait pas abuser de leur temps (Dorothée, Aurélia, Jean et Romain : vous avez capté le message subliminal ?).

Les perles

Loïc (rockmuzik.com) à Jean (Batteur d'Hopper) en parlant de musique du monde : Alors toi t'aime bien les trucs exotiques ?
J : ouais j'aime les fruits exotiques
L : ouais surtout les plantes…

Guillaume (rockmuzik.com) à Romain (Bassiste d'Hopper) en parlant basse : C'est quoi ton matos ?
R : J'ai un vélo hollandais !